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 Conte de Fées 1 -La véritable histoire de la Belle au Bois D

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MessageSujet: Conte de Fées 1 -La véritable histoire de la Belle au Bois D   1/3/2015, 12:04 pm


[RP concernant La Bonne Fée]

Je suis née un printemps, lors de l'éclosion d'un premier bouton de rose, quelque part dans un royaume qui serait plus tard celui des royalistes. On m'a toujours tout demandé la beauté, la richesse, l'amour et chacun a toujours pensé que je devais tout à tout le monde. J'ai vécu des siècles et des siècles à me torturer l'esprit et à céder ce que j'avais de plus cher pour les autres, jusqu'au jour où l'inévitable se produisit.

Aurore était une jeune femme douce, souriante, belle... Enfin, elle était une princesse comme les autres et comme les autres elle était amoureuse d'un prince qu'elle n'avait vu qu'une seule fois. Si au début de ma vie j'avais trouvé ces sentiments nobles et délicats avec le temps je les savais mièvres et irresponsables. Comment pouvait-on aimer avec un seul regard ? Pour aimer, il fallait oser péter devant son partenaire... Comment ça, vous pensez qu'une princesse ça ne pète pas ? Je peux même vous assurer qu'elles font caca... Et qu'elles se retiennent toute leur vie pour paraître parfaites. Je n'ai jamais envié leur situation, jamais... Encore moins celle d'Aurore.

Une fois, j'avais décidé de vivre en-dehors des nuages et d'être presque humaine l'espace de quelques années. Je pensais que comme d'autres j'avais mérité quelques vacances et j'avais posé mes valises scintillantes près d'une ferme verdoyante. Tous les matins, j'aidais aux travaux de ferme... Bon certes à ma façon, la magie avançait bien le dur labeur... Mais ceci n'est qu'un détail. Les paysans étaient de bonnes personnes et j'eus pour eux une sympathie incroyable. Je n'eus plus envie de retourner dans les nuages et j'eus encore moins envie de le faire le jour où des gardes s'arrêtèrent devant la ferme, un nourrisson dans leurs bras. C'était un petit garçon qui, selon les dires des hommes d'armes, était victime d'une terrible malédiction. Sa seule chance était de le cacher et la ferme serait pour lui le refuge idéal. Les bons paysans qui n'avaient jamais pu avoir d'enfant virent ce présent comme une bénédiction et acceptèrent de suite l'offre qui leur fut faite d'élever ce fils de la Providence.

Cet enfant, je l'ai accompagné, je l'ai vu grandir, j'ai gardé ses sourires dans mon cœur, je lui ai appris tant et tant de chose... Et je l'ai vu devenir grand, beau et fort alors que je n'avais pas moi-même prit une seule ride. Il m'arrivait parfois de faire de la magie en sa présence, de faire éclore quelques fleurs ou de marcher sur l'eau du lac, remplissant la vallée de mes rires joyeux. Il savait que je n'étais pas humaine, mais je savais que malgré cela je partageais avec lui des regards et des sentiments ne laissant aucune place au doute. L'amour n'était pas ce que toutes ces personnes pensaient et je le savais maintenant mieux qu'elles... J'avais coup sur coup compris celui d'une mère et celui d'une femme, car je vouais à l'enfant devenu grand une passion dévorante. Mais bientôt, les gardes qui avaient amené à la ferme mon plus grand bonheur revinrent me le prendre à coup de "Tu es le fils du Roi, tu dois reprendre ta place au château, tu es grand et assez fort maintenant pour détruire la malédiction". Bien évidemment, je ne savais pas de quoi il s'agissait et je jugeais qu'il était temps pour moi de retourner dans mon nuage et de reprendre ma vie de fée. De là-haut, je pourrais suivre mon Prince Charmant et vérifier qu'il aille bien... Ou qu'il trouve enfin son bonheur.

Mais de là-haut, je ne vis que ses tourments et sa tristesse. Il restait des heures devant les fleurs closes et il tenta un jour de marcher sur l'eau de la fontaine, sans succès et resta un moment dans les flots en regardant le ciel. L'Amour n'était pas autorisé aux fées car si elles devaient donner le bonheur à tous, elles n'y avaient elle-même pas le droit. Des nuages voisins, d'autres fées venaient me voir, se moquant de l'affection que je portais au prince et du désarrois qui me dévorait de jour en jour. C'est alors que je décidais qu'il était temps qu'il m'oublie, qu'il trouve à son tour une princesse... La princesse Aurore qui elle aussi avait grandi dans la forêt pour éviter une malédiction. S'ils avaient assez de force, tous deux pourraient se battre et vaincre les ténèbres, quant à moi je devais me ressaisir et continuer mes grandes œuvres pour les y aider. Je fis donc en sorte qu'Aurore rencontre le Prince dans la forêt, mais le charme n'agit pas... Ils se rencontrèrent donc encore et encore mais il y avait comme un problème. Aurore n'attendait qu'un baiser de son prince, quand le prince semblait la considérer comme une petite sœur fragile. C'est ainsi que je me présentais à la princesse et que je récoltais ses larmes jour après jour. Sa malédiction était terrible: elle ne pourrait pas retrouver son trône et sa noblesse tant qu'un prince ne lui aurait pas donné un véritable baiser d'Amour. Je lui expliquais donc que des Princes, il y en avait d'autres... Jusqu'à ce que je comprenne que pour elle il n'y en aurait pas d'autre. J'étais une bonne fée, mais mes pouvoirs avaient des limites. Je ne pouvais pas obliger ni la mort, ni la vie, ni l'amour. Je n'avais pas le choix... Je devais retrouver le Prince Charmant et le ramener sur le chemin de la raison afin que lui et la princesse aient la fin heureuse qui leur était prévue.

Quand j'arrivais devant son château, il m'accueillit personnellement de manière peu protocolaire. Ses bras chauds m'enveloppèrent et sur mes lèvres diaphanes un baiser se posa. Au fond, je n'avais voulu que cela, le retrouver et vivre à mon tour mon conte de fées... Mais cela était impossible, du moins tant que j'avais des ailes et son destin devrait se lier à Aurore. Déboussolée, je m'étais reculée et avait regardé le prince. Je voulais lui dire que tout cela était insensé, impossible, que notre passion irréaliste n'était qu'une folie passagère mais au lieu de cela j'avais fui dans mon nuage sans rien dire. Ce silence fut dévastateur, le prince annonça bientôt qu'il allait se marier avec la femme qu'il avait toujours aimé et Aurore du fond de sa forêt crut bien entendu qu'il s'agissait d'elle. Dans un dernier élan, je suis descendue la voir et à partir d'une plume de cygne je lui ai confectionné la plus belle des robes. La princesse avait fière allure et elle était d'une beauté incroyable. Si elle se rendait ainsi vêtue chez le prince, peut-être changerait-il d'avis et peut-être estimerait-il qu'elle était bien plus digne qu'une bonne fée pour être sa princesse.

Malheureusement, tout ne se passa pas comme je l'avais voulu. Le prince refusa ses avances et lui annonça qu'une autre femme serait bientôt sa femme et la future reine de son royaume. Aurore repartit humiliée au fond de sa forêt et je descendis une fois de plus de mon nuage pour sécher ses larmes. Sa malédiction était tombée, je savais qu'il lui faudrait attendre un siècle encore pour trouver le Grand Amour, mais ce que je savais encore plus était qu'un humain ne pouvait pas attendre cent ans pour vivre. Je l'endormis donc d'un sommeil enchanté qui ne la ferait pas vieillir et l'enfermais dans un cercueil de cristal, l'entourant d'épais rosiers enchantés.


"Le jour venu, princesse Aurore,
Venu des lointains pays d'Or
Un prince viendra sur son cheval
Lancé à une allure infernale
Et posera sur tes lèvres de velours
Le véritable baiser d'amour."


Je retournais au château du prince, consciente du désastre que causerait son affection à mon encontre. Le Roi Galoregor qui était le père du prince le congédia, intimant qu'il ne voulait plus jamais le voir. Sa malédiction était la perte du royaume et les bonnes fées n'étaient pas faites pour être Reine... Le constat était clair et je réalisais que mes efforts avaient été vains. Aurore devait être elle qui redorerait le blason des royalistes, celle qui devait faire d'Alidhan un royaume de paix et d'amour, le prince quant à lui devait être élevé dans le secret car il n'aurait jamais dû me rencontrer... Or ma placé était près des princes et princesses, pas dans une ferme... Tout cela n'avait été qu'un fâcheux concours de circonstances et à cause de cela une guerre s'était abattue et elle devrait au moins durer cent ans.

Je descendis de mon nuage, l'abandonnant et m'enfuis avec le prince chez les cartellois de la forêt, pour survivre au siècle de chaos et d'horreur à ses côtés. Nous ne savons pas encore ce que notre amour interdit nous réserve mais nous sommes bien décidé à vivre au mieux notre bonheur au milieu du malheur d'autrui.

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